Menu principal:
Principe de l'IRM
1. Magnétisme et atomes
Les noyaux atomiques tournent sur eux-mêmes ; cela entraîne une
aimantation microscopique (
)
qui est appelée spin. Le spin est le
vecteur qui représente l'axe de rotation du proton. Le proton réagit
donc comme un dipôle magnétique.
En
l'absence de tout
champ magnétique, les protons s'orientent aléatoirement. La résultante
magnétique de l'ensemble est donc nulle (
= 0).

Lorsqu'un
champ
magnétique (
)
apparaît, les spins, polarisés, s'orientent dans la
direction du champ, mais pas forcément dans le même sens. La proportion
de spins dans le même sens que (
) est
supérieure à celle des spins
orientés dans le sens contraire (antiparallèle) : c'est la statistique
de Boltzmann. Cet écart de population est proportionnel à l'amplitude
du champ magnétique principal. Cette différence crée une aimantation
macroscopique (
=
). Sur
2 millions et 3 protons, alignés
dans un champ magnétique de 0,3 teslas, il y en aura 1 million + 3 dans
le sens du champ magnétique, et 1 million dans le sens antiparallèle).
Bien
que faible,
c'est sur cette différence que se base le principe de l'IRM. Lorsque
l'on augmente la puissance du champ, on augmente la différence du
signal.
Dans
la réalité,
l'alignement des spins sur (
)
n'est pas parfait. Leur mouvement
autour de l'axe (
)
forme un cône, c'est le mouvement de précession.
Il peut être apparenté à une toupie qui bascule mais qui reste en
équilibre de rotation. La vitesse de précession de ces protons est la
fréquence de Larmor. Elle augmente avec l'intensité du champ.
2.
Résonance et
signal
Comme l'indique son nom, la résonance magnétique nucléaire
utilise la résonance. C'est un phénomène couramment utilisé ou subit.
En effet, elle permet d'expliquer le fonctionnement d'une balançoire
mais peut aussi causer la destruction d'un pont (comme celui de
Tacoma), ou moins important, d'un verre (la Castafiore pouvait en
casser
). La résonance est une absorption d'énergie par un système à une
fréquence déterminée.
Pour
l'IRM,
l'énergie apportée va être une onde de radiofréquence (RF). Pour que le
système entre en résonance, il faudra que cette onde ait exactement la
même fréquence que la fréquence de Larmor. La mise en résonance se
traduit par un débattement plus ample du mouvement de précession (angle
de bascule).
Il va y avoir deux phases : une d'excitation durant
laquelle l'onde sera émise, puis une phase de relaxation après l'arrêt
de l'onde.
Phase
d'excitation : Avec l'onde RF dont la fréquence
est celle de Larmor, la résultante de l'aimantation tissulaire
(somme
de tous les moments magnétiques
)
bascule. L'angle de cette bascule
dépend de l'intensité et de la durée du champ magnétique. On peut
décomposer l'aimantation tissulaire en une composante longitudinale
(selon l'axe Z, aligné sur
) et
une composante transversale. La
phase d'excitation génère la bascule qui se traduit par une diminution
de l'aimantation longitudinale (qui peut aller jusqu'à s'inverser), et
l'apparition d'une aimantation transversale (tant qu'il n'y a pas
retournement). Cette aimantation apparaît car tous les protons
précessionnent en phase avec l'excitation RF. La variation de
l'aimantation longitudinale est donc la somme de deux effets :
l'amplification du mouvement de précession, mais aussi l'inversion des
spins parallèles en spins antiparallèles. L'aimantation transversale
est due à une mise en phase des spins .
Phase de relaxation
: Le système retourne à son état d'équilibre en restituant
l'énergie
sous la forme d'un signal RF (sinusoïde amortie) recueilli par une
antenne dans le plan xy. Pour la relaxation, on va différencier les
composantes longitudinales et transversales.
La
repousse
longitudinale correspond au retour à l'état d'équilibre des spins
excités. Cette repousse se fait selon une loi exponentielle
caractérisée par le temps T1 qui est le temps au bout duquel un tissu a
regagné 63% de son aimantation maximale après une impulsion à 90°.
La
relaxation
transversale est due au déphasage des spins. Cette chute de
l'aimantation transversale suit une courbe décroissante caractérisée
par le temps T2 qui est le temps au bout duquel un tissu a perdu 63% de
son aimantation transversale maximale.
T1
est dû à un
transfert d'énergie entre le proton et le milieu dans lequel il se
trouve. Il est donc caractéristique du tissu où sont engagées les
molécules d'hydrogène dont les protons ont été excités.
T2 est dépendant aussi du tissu dans lequel le proton se trouve. Le
déphasage des spins est dû à des interactions spins-spins.
T1 sera toujours supérieur à T2 (généralement 10 fois), quel que soit
le milieu.
Quelques exemples :
Le
contraste en IRM est dû à la différence entre ces deux temps.
Et voilà !... le principe de la résonance magnétique nucléaire a été
éclairci.